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Mon blog professionnel, à l'attention des dirigeants d'entreprises, fait un point régulier sur les questions de management, gestion des crises. Il suit de près l'actualité sociale, les risques psychosociaux et les négociations en cours

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Épidémies : les risques psychosociaux plus graves que la grippe

Il y a trois semaines, je terminais mon article sur l'épidémie de suicides à France Telecom en affirmant qu'il y avait le feu. La suite l'a malheureusement confirmé, mais il ne fallait pas être grand clerc pour avancer le pronostic.

Il est vrai que je suis chaque fois surpris par l'aveuglement de la plupart des directions devant ces phénomènes, dont les causes complexes et multifactorielles leur apparaissent comme une aubaine pour dégager leur responsabilité.

À France Telecom, la réaction a minima de la direction s'engageant à ouvrir des négociations sur le stress le 18 septembre (histoire de se donner un peu d'air) a fait un flop tragique puisque, depuis, deux actes suicidaires ont eu lieu : un homme se poignardant à l'abdomen lors d'une réunion où on lui annonçait sa mutation et une femme se défenestrant à la suite d'une nouvelle réunion du même type. Depuis, la direction a enfin accepté de geler son plan de réorganisations - mutations jusqu'à fin octobre (là encore on peut douter de la pertinence du délai), mais il est bien tard et le coût humain et économique du rattrapage de cet aveuglement sera certainement beaucoup plus élevé.

Pourtant, il ne fallait pas de longues analyses pour constater que ces actes de désespoir touchaient essentiellement des personnes dans la seconde moitié de leur carrière, venues à France Telecom du temps où elle était PTT, motivées par un statut protecteur, une sécurité et une profonde culture de la permanence.

Cette situation doit inviter les entrepries à s'interroger, par-delà les difficultés "objectives" de ces réformes : dans les années 90, elles ont claironné largement la "culture d'entreprise", qui sonnait comme une fierté d'appartenance et une promesse de pérennité. Aujourd'hui, à force de se "recentrer sur son métier de base", de prôner la mobilité, l'individualisation de la performance et la permanente remise en question, une bonne partie des collaborateurs ne peut plus suivre cette marche forcée. Cela commence par les plus âgés, mais se continue chez nombre de plus jeunes qui ne veulent plus sacrifier leur vie pour la gagner.

Véritablement, il devient urgent de se questionner sur la refondation du contrat social qui nous lie tous dans cette action collective ambitionnant de modeler le monde environnant, je veux dire le travail.
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