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Mon blog professionnel, à l'attention des dirigeants d'entreprises, fait un point régulier sur les questions de management, gestion des crises. Il suit de près l'actualité sociale, les risques psychosociaux et les négociations en cours

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Crise grippale : Tonton, pourquoi tu tousses ?

La grippe avaire, puis la grippe porcine ou H1N1, semblent avoir laissé la place à une belle quinte de toux politique. Luc Chatel, nouveau ministre de l'Éducation, a endossé le rôle du "Tonton qui tousse" dans le fameux sktech de Fernand Raynaud : il a lancé l'alerte en évoquant, tout pâle, les classes fermées, les écoles désinfectées, les progénitures rendues à leurs parents, bref un tsunami viral jetant les enfants comme les quilles sur un tapis de bowling et balayant  les RTT parentales patiemment accumulées.

Parallèlement, Roselyne Bachelot tempère en distillant une petite musique sage et rassurante qui fait du bien à entendre. Voilà donc le gouvernement doté d'une bonne et d'un méchant, non par académisme de commissariat, mais par effet miroir de l'opinion, qui balance entre crainte et scepticisme dans cette période de calme avant l'éventuelle tempête.

Cette communication préalable a une une fonction réelle et utile : comme toutes les rumeurs annonciatrices, elle amortirait le choc de la crise, si celle-ci survenait. Nous observons là une figure imposée de la gestion des crises, tant il est vrai qu'un groupe humain qui se trouverait totalement pris par surprise éprouverait d'énormes difficultés à surmonter les premières phases réactionnelles de déni, de refus puis de révolte.

Mais, si rien ne se passait ne risquerait-on pas de provoquer un scepticisme généralisé lors des alertes suivantes? Que nenni, non seulement parce que l'intérêt populaire serait rapidement détourné vers d'autres préoccupations, mais encore parce que devant chaque crise, l'individu est pareil à un poussin d'un jour : tout neuf, surpris, dérouté et sans mémoire.

Donc, jusque là, le coup est bien joué... en espérant que la situation catastrophique ne survienne pas.

D'autant que les grandes entreprises ont déjà pris leurs précautions : la SNCF a commandé 8 millions de masques pour lui permettre de tenir 120 jours; de son côté, la RATP s'est mise en position de faire face à 100 jours de crise, en termes de masques, de gels nettoyants, de serviettes à usage unique... Plus généralement, grandes entreprises et celles du secteur informatique (qui ont beaucoup appris du risque de bug de l'an 2000) se sont mises en situation d'affronter un absentéisme de l'ordre de 30% à travers leurs "plans de continuité". Sachant que ce seuil serait de toutes façon extrêmement élevé puisque, si l'on se réfère à l'expérience du groupe Safran, qui emploie 4000 personnes au Mexique, le taux d'absentéisme n'a jamais dépassé les 10% au plus fort de la crise.

Là où les choses risquent de se révéler les plus délicates, c'est dans les entreprises qui n'ont encore rien prévu. Car, aujourd'hui, les délais d'approvisionnement en masques sont déjà de huit semaines.
Alors, on risquerait  de s'apercevoir que les masques promis sont en nombre insuffisant et assez largement périmés (ils sont comme des yaourts, à consommer dans un délai assez court). Et que les vaccins manquent, car leur rythme de production par les laboratoires reste inférieur aux espérances car la souche fournie n'est pas très productive.

Que cette crise survienne ou pas, il est pressant continuer à s'y préparer d'arrache pied.



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