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Mon blog professionnel, à l'attention des dirigeants d'entreprises, fait un point régulier sur les questions de management, gestion des crises. Il suit de près l'actualité sociale, les risques psychosociaux et les négociations en cours

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La séquestration n'est pas une prise d'otage

Devant la multiplication et la médiatisation de cas de séquestrations, nombreux sont désormais les dirigeants qui s'interrogent sur cette éventualité. Avec crainte, le plus souvent et en le qualifiant de "prise d'otage". Le mot d'ailleurs fait florès lorsque les personnes sont, par surprise, empêchées d'agir : à chaque grève des moyens de transports, le mot revient dans la bouche des usagers sur les quais des gares.

Pourtant, il doit être clair qu'une séquestration n'a rien à voir avec une prise d'otage. Pour deux raisons au moins :

1 - l'otage, dès l'instant de sa capture, est "chosifié" et perd toute autonomie. Il devient un objet de marchandage, qui subit son sort sans aucune possibilité d'agir ni de parler librement.  il ne dispose d'aucun contact avec l'extérieur, sauf  à passer par ses geoliers. Comme il lui est totalement impossible de prendre la moindre initiative, son destin ne lui appartient plus.

2 - sa "valeur marchande" ne dépend que de ce qu'il représente en propre : un modeste humanitaire n'a pas un cours comparable avec celui d'une personnalité ou d'un navire, pour se référer à certains exemples récents.

Or, le séquestré n'est en aucune façon dans la même situation puisqu'il n'est pas l'objet direct du marchandage : ce que les personnels recherchent à travers sa séquestration, c'est faire bouger la direction sur des revendications qui leur sont essentielles. Il n'est pas l'objet de l'opération mais, un "sujet transitionnel" pour parler psy. C'est-à-dire à la fois un membre de l'autorité que l'on veut atteindre (la direction de l'entreprise) et un intermédiaire avec elle.

Cette fonction d'intermédiaire, à l'évidence, lui ouvre un marge de manoeuvre très différente de celle de l'otage puisque sa "valeur" véritable consiste à rétablir le circuit de discussion rompu avec le sommet de l'entreprise, souvent lointain humainement et géographiquement.

En complément des dispositions matérielles et pratiques à prendre (disposer d'un réfrigérateur, de boissons, de barres énergétique...), voilà sur quoi il est essentiel de travailler lorsqu'on cherche à se préparer à pareille situation, tant pour la prévenir que pour la gérer au mieux si elle survient. C'est en tout cas un sujet qui m'est fréquemment posé depuis le printemps dernier avec si peu de recul sur cet événement possible qu'il faut apprendre à l'apprivoiser avant qu'il survienne.
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