Mon blog professionnel, à l'attention des dirigeants d'entreprises, fait un point régulier sur les questions de management, gestion des crises. Il suit de près l'actualité sociale, les risques psychosociaux et les négociations en cours
Le suicide d’une jeune femme de 32 ans à France Télécom (le 23e suicide d’un salarié de l’entreprise depuis le début de l’année 2008) contraint les dirigeants de l’entreprise et le gouvernement à réagir. Les déclarations de responsables politiques se sont en tout cas succédées tout le week-end.
Pour Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, l’Etat et la direction de France Télécom ont le "devoir" d’apporter une aide morale et psychologique aux salariés et de « voir s’il y a des mesures en termes d’organisation du travail » qui peuvent permettre de mettre fin à cette série de drames. Mais il souligne aussitôt que « le suicide est une affaire trop grave, trop personnelle pour qu’on puisse réduire ce phénomène à un problème d’organisation d’entreprise »... Le ministre du Travail, Xavier Darcos annonce, pour sa part, qu’il recevra Didier Lombard, Pdg de France Télécom, mardi (15/09/2009). Eric Woerth (Budget) appelle la direction de France Télécom à prendre l’affaire « très au sérieux », tandis que Christine Lagarde (Economie) demande la tenue d’un conseil d’administration.
L’alarme est donnée depuis des mois à France Télécom, où cohabitent fonctionnaires et salariés de droit privé. Les syndicats appellent l’attention de la direction depuis des mois, dénonçant le management, les mutations et les restructurations permanentes qui ont déjà conduit à 22 000 départs en trois ans.
La direction de France Télécom avait annoncé le 10 septembre la suspension provisoire (jusqu’à la fin octobre) des « mesures de mobilité » et l’ouverture de négociations sur le stress au travail, mesures accompagnées de l’embauche de médecins du travail et de responsables de ressources humaines. Ces négociations ont été annoncées pour le 18 septembre prochain. Mais la direction de France Télécom a rejeté l’arrêt des restructurations et son directeur des ressources humaines a déclaré aux Echos que la "mutation" du groupe « s’est faite, pour l’immense majorité des salariés concernés sur la base du volontariat »...